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L'affaire
dite du " Crochet de la Cédille ". Petit
Historique décousu du Crochet de la Cédille
à l'usage de ceux qui veulent vraiment connaître
la Vérité.
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Je crois que lorsque l'on aborde l'affaire épineuse
du Crochet de la Cédille, il faut de la méthode,
prendre les choses dans l'ordre, et laisser les faits parler
d'eux-mêmes. Dès lors, la grande horloge cosmique
met en branle son balancier à causalité, et
les conclusions s'enchaînent, implacablement, douloureusement
: Il faut lire le Crochet de la Cédille !
Il
est avéré que le projet du Crochet de la Cédille
est né en 1998, à l'Imprévu café,
lors d'une rencontre clandestine entre deux vieux complices
et amis (Gilles Prigent et Emmanuel Rinck), immédiatement
rejoints dans leur cabale par un troisième comploteur,
une vieille connaissance elle aussi, Sandrine Lyonnard,
dans leur volonté de créer une revue qui servirait
à la fois de voix et de couverture à leur
complot. Dans les semaines qui suivent, donnant corps à
leur projet, a lieu la première réunion du
comité de rédaction, lors de la réunion
dite du " Comment-qu'on-va-appeler-notre-revue ? ".
Cette réunion fondamentale, pour qui veut comprendre
l'essence de l'affaire Le Crochet de la Cédille,
se focalise brusquement sur un accessoire en plastique,
présent sur la table : une réplique en plastique
du moignon du capitaine crochet. Et là, illumination
collective : le Crochet de la Cédille ! Déjà
l'enthousiasme l'emporte sur la raison, et l'absurde jalonne
son territoire, déjà la cabale est en marche,
et sur ce, clôture de la réunion, et à
bientôt mes amis !
Evidemment,
voilà un titre qui ne veut rien dire, qui sent la
manipulation, le prétexte, l'alibi en quelque sorte.
J'ai toujours soupçonné les membres du Crochet,
oui, c'est le diminutif qu'ils emploient, d'œuvrer
en secret à la remise en mots du monde, et nous le
savons tous, les mots structurent la pensée, la pensée
- armée de la volonté - façonne le
monde et tutti quanti, enfin surtout toutes choses égales
par ailleurs, si vous me suivez…Mais revenons aux
faits bruts, et démontons chronologiquement cette
mécanique infernale.
En
avril 1999, sort le premier numéro, sur le thème
" Passages cloutés ". Un drôle de
thème quand même…Un numéro confectionné
en toute clandestinité, à coup de photocopies
et d'enveloppes kraft découpées, au nombre
extraordinaire de 80 exemplaires. Y participent déjà
quelques piliers de la revue : Zylber, Mathias Hasday, Abe
Mose, Tino Rubick…Premier vernissage festif, première
occasion d'étendre le réseau, de gagner de
nouveaux sympathisants. Le filon semble marcher : pour le
second numéro (L'équilibriste - Février
2000), photocopié et broché par un professionnel
acquis à la cause, ils sont déjà plus
d'une vingtaine d'auteurs et artistes à participer
au projet.
Dès
lors, la revue parait à son rythme habituel, officiellement
aléatoire, mais en pratique à peu près
tous les 9 mois. Il ne faut évidemment pas y voir
le signe du hasard, mais plutôt une interrogation
insidieuse sur les grands rythmes biologiques de notre univers.
C'est du moins ma théorie.
Le
numéro 3 de la revue, " Bon appetit " (Octobre
2001), marque le début de l'organisation d'événementiels
lors de la sortie d'un nouveau numéro. La recette
qui marche : un lieu original (généralement
des squats), une soirée festive ouverte à
tous, des expositions d'artistes ayant collaborés
au Crochet, de la musique et de la bonne humeur, le tout
dans un mélange qui abolit les frontières.
C'est aussi au cours de ce numéro, que l'équipe
initiale se renforce de trois nouveaux membres (Muriel Escalmel,
Jean-Victor Brouchoud, Jérôme Audran), cooptés
et recrutés dans l'opacité la plus totale,
baptisés au Brouilly chez Robert (je risque ma vie
et ma santé mentale en dévoilant cette information),
et dorénavant mis au secret, condition qui correspond
bien à la mentalité suisse de l'une de ces
recrues .
Par
ailleurs, le Crochet commence alors une politique de noyautage
systématique de tout ce qui touche de près
ou de loin les mots ou les images : participation au Salon
de la Revue, partenariat avec Manuscrit.com, intégration
au réseau des revues indépendantes…Bref,
le Crochet se montre.
L'apport
de sang neuf se fait vite sentir : avec le n°4 (Et Coïtera
- Juin 2002), nouvelle maquette intérieure, apparitions
de rubriques, nouvel imprimeur, et toujours plus de soumissions
de textes et d'œuvres artistiques. Dès lors
Le Crochet de la Cédille, afin de mieux contrôler
son dogme, met en place un Comité de Lecture (le
ComLec), qui sélectionne les publications, selon
le principe du centralisme démocratique tournant
(j'avoue pêcher par manque d'informations sur ce processus
de décision, mais gageons qu'une fois de plus l'absurde
et le désordre prévalent).
Un
numéro spécial plus tard, (Analyse Frontale-
Mai 2002, distribué gratuitement entre deux tours
d'une élection présidentielle polémique),
l'équipe n'en finit plus de s'agrandir : deux nouveaux
conspirateurs tombent eux aussi en clandestinité
et rejoignent les rangs : Matteo Barsuglia (un Italien :
après la Suisse, il semble que le Crochet cherche
à développer des cellules relais à
l'étranger), et Stéphane Mouette, bien connu
des Renseignements Généraux pour son militantisme
acharné. Chez Robert s'affirme comme le lieu incontournable
des réunions du ComLec, et une certaine ritualisation
s'installe (Brouilly, Calva, mousse au chocolat). On peut
sans risque, à ces signes, affirmer que la cabale
du Crochet renonce à son format révolutionnaire,
pour privilégier une organisation de type sectaire/mafieuse.
Cette
hypothèse se retrouve confirmée par deux faits
: la sortie du n°5, au titre limpide (Gangsters - Juin
2003 ), alors que concomitamment était annoncé,
en collaboration avec la collection Exclamationistes ! (collection
bien connue des spécialistes pour ses forfaits et
parutions répétées), la parution aux
éditions l'Harmattan d'un ouvrage intitulé
" Purgatoire : les bonnes adresses ". Dès
lors, je me permets d'affirmer que le Crochet de la Cédille
révèle enfin au grand jour son projet véritable.
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